Munie de son témoignage de vie, Blandine Soulmana nous raconte comment, après avoir vécus les pires violences, elle a enfin réussis à trouver le chemin de la paix et du bonheur.
Pour parodier une comédie connue, la vie est rarement un long fleuve tranquille. Pour certains, le parcours est relativement calme, alors que pour d’autres il est semé de récifs et d’écueils. Nous avons alors deux choix : couler ou émerger. Pester contre le destin pour son manque d’équité et de justice dans la distribution des épreuves est un exercice aussi inutile que nocif.
Par sa conférence sur l'intimidation à l'école, Blandine Soulmana souhaite faire en sorte que les jeunes garçons qui développent des comportements violents prennent conscience de leur situation et mesurent les conséquences de leurs actes. Elle souhaite aussi que les jeunes prennent conscience de la détresse que vivent certains de leurs compagnons auxquels ils font vivre l’exclusion.
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Parce qu’il est important de nommer les choses par leurs noms, de les reconnaître pour les accepter et décider de ce qu’on fait avec. Cette phase est essentielle dans le processus de guérison. Être capable de parler de ce qui est arrivé n’est pas de la complaisance, la complaisance est de rester dans cette souffrance en refusant les autres étapes qui doivent suivre pour se libérer et grandir.
L’important n’est pas la destination mais le chemin pour s’y rendre. Certains vont choisir l’autoroute, efficace et rapide, d’autres les petits chemins de campagne pour prendre le temps d’admirer le paysage et entendre le chant des oiseaux. Ce qui importe c’est d’avancer vers ailleurs.
Même les gens qui n’ont rien ont minimalement leur vie. Les thérapeutes, les médecins, les amis et la famille peuvent être précieux pour vous accompagner, vous faire voir des alternatives mais il ne faut jamais oublier que la décision vous revient à vous et à vous seul. Ce qui est bien pour une personne ne l’est pas nécessairement pour l’autre.
La culpabilisation est le plus grand frein à l’épanouissement. La vie est une longue suite d’alternatives qui nous imposent de faire des choix. On doit choisir l’alternative qui nous semble la meilleure et assumer ce qui en résultera. On peut se tromper en faisant une chose tout comme en faisant son contraire. N’oubliez jamais qu’on apprend autant par ses erreurs que ses bons coups. Ce qui compte c’est d’agir en se respectant et en respectant les autres.
Une personne blessée doit vivre une forme de réhabilitation en fonction de la gravité de ses blessures et de sa capacité à récupérer. Il en va de même des blessures à l’estime. Certaines vont être craintives, d’autres vont hésiter longuement avant de poser le moindre geste ou vont avoir des peurs irraisonnées. Comme quand on apprend à marcher, il faut accepter qu’on puisse faire des chutes mais on se tient debout et on sait qu’on y arrivera.
Parce que l’amertume et le ressentiment sont les poisons de l’âme. C’est aussi du temps et de l’énergie perdue qui prennent toute la place n’en laissant plus pour autre chose. Blâmer l’autre est souvent une façon de ne pas s’assumer et de laisser à l’abuseur le pouvoir de contrôler le reste de sa vie… même s’il n’est plus là.
Vous êtes d’un naturel neurasthénique, pessimiste et dépressif. Vous constatez que votre présence n’est pas recherchée et vous en souffrez ? Vous avez tout intérêt à développer votre optimisme et vous constaterez que votre compagnie sera de plus en plus recherchée.
En partageant, en riant avec ou sans raison, en multipliant les occasions de se faire plaisir et en faisant plaisir aux autres. En lisant un bon livre, en visionnant un bon film, en mangeant quelque chose de bon, en ayant des discussions animées, en choisissant ses amis en fonction de ce qu’ils nous apportent et de ce qu’on a à donner, en donnant plus d’importance aux qualités qu’aux défauts, en ne fermant pas la porte aux découvertes et aux autres.
En acceptant qu’on ne puisse pas tout comprendre et raisonner. En se disant que l’autre a sans doute vécu des situations qui l’ont amené à agir comme il l’a fait. En reconnaissant qu’on a appris de ces situations difficiles et qu’elles nous ont permis de grandir et de découvrir notre potentiel insoupçonné à travers la douleur. En lâchant prise et en se disant que ce qu’on a eu à vivre avec cette personne fait partie du passé. Pardonner ce n’est pas oublier ni devenir ami, c’est juste laisser aller.
En développant son optimisme, en riant pour tout et rien, même de soi, pour le plaisir. En se mettant en situation d’apprécier ce que la vie a de beau et de bon à offrir. En amplifiant le positif et en donnant peu de place au négatif. En se rendant disponible au bonheur…
En reconnaissant sa propre valeur et ses forces, en se donnant les mêmes chances que celles qu’on donne aux autres, en acceptant de ne pas être parfaite, en suivant son intuition, en acceptant de dire et d’entendre « je m’excuse » et « je te pardonne ».