«Tout se joue avant six ans», combien de fois ai-je été blessée par cette constatation qui ne me laissait aucun espoir. Heureusement, la plupart des enfants ont un bon départ dans la vie, mais qu’en est-il des nombreux autres qui, tout comme moi, partent perdant ?
Quand l’enfant prend conscience qu’il fait partie de la mauvaise catégorie, de ceux dont on n’enviera jamais le sort, comment se sent-il? Vit-il sa situation comme une condamnation dont il ne pourra s’affranchir quoi qu’il fasse, ou arrive-t-il à tisser des brides d’espoir en une vie meilleure ?
Certaines familles, pour toutes sortes de raison, sont dysfonctionnelles au point où les enfants doivent trouver des modèles positifs ailleurs. C’est non seulement souhaitable mais ESSENTIEL que la société donne des alternatives à ces enfants. Cette société, c’est vous professeur, directeur, voisin, compagnon de classe…
N’hésitez surtout pas à aller vers ces enfants, à les encourager et à les intégrer car, si sur certains plans tout se joue avant six ans, il ne faut surtout pas sous-estimer votre pouvoir sur votre vie et celle des autres.
Il n’est pas rare que, malgré un mauvais départ, des gens se soient rendus plus loin que d’autres qui partaient pourtant gagnants. Si tout se joue avant six ans, qu’en est-il des règles des rapports humains qui se structurent dans les années qui suivent, c'est-à-dire à l’adolescence, pour s’affirmer à l’âge adulte ?
L’adolescence est une période intense et exaltante, celle des grandes amitiés et des premiers émois amoureux. Quand tout va bien c’est merveilleux et quand ça va mal, ça va vraiment mal. Quand les problèmes surgissent, quels exemples les jeunes ont-ils pour négocier le règlement de leurs conflits ? Où trouvent-ils des modèles de méthodes respectueuses de négociations sans gagnant ni perdant ? Dans les jeux vidéo ? Dans les nouvelles télévisées ? Et les jeunes dont on ne fait pas l’éducation sexuelle à la maison, où vont-ils chercher de l’information pour satisfaire leur curiosité ? Sur les sites pornos d’internet ? Ces médiums ne leurs donnent-t-ils pas l’image que c’est celui qui crie et qui frappe le plus fort qui gagne ?
Le pouvoir se mesure-t-il seulement à l’épaisseur du portefeuille et à la capacité d’imposer sa volonté ou de faire peur ? La séduction est-elle devenue une image où seulement ceux qui sont jeunes, riches, beaux et forts peuvent plaire ? Où valorise-t-on le pouvoir du respect, du rêve, de l’espoir, de la confiance et de l’amour ailleurs que dans les livres à l’eau de rose ?
Bien humblement, je considère que mon témoignage peut être un modèle positif pour les jeunes, qu’ils aient reçu tous les ingrédients du bonheur à la naissance ou qu’ils aient dû les trouver par eux-mêmes. Je ne prétends pas posséder la vérité, et encore moins une recette magique, je veux seulement présenter un témoignage porteur d’espoir pour certains et d’ouverture pour les autres.
On peut faire quelque chose pour déprogrammer les perdants et les conditionner à devenir des gagnants. On peut offrir à nos jeunes des modèles autres que Rambo et ce qui s’est passé à Columbine. La violence ne devrait jamais être une alternative !
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| École Secondaire Jeanne-Mance Drummondville |
Cité-école Polyvalente Louis-Saint-Laurent |
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| Patrick St-Jacques, Enseignant en leadership étudiant |
Parce que certains jeunes qui vivent la pauvreté, l’abandon, l’indifférence et la violence doivent pouvoir rencontrer une personne qui a réussi à s’en sortir pour contrer la fatalité
Et surtout, parce que les jeunes entendent Énormément parler de la violence de façon abstraite mais rencontrent rarement une personne qui en a subi et qui est capable d’en parler avec recul et sérénité.
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