Un jour il m’a serré les bras, pas beaucoup juste assez pour laisser sa marque. Ce n’était pas bien grave, je lui appartenais. Je me suis excusé de l’avoir mis en colère, même si je ne savais pas ce que j’avais fait de mal. J’étais si maladroite que je méritais ce qui m’arrivait. Ce n’était pas grave puisque je n’ai pas saigné. Je me suis effacée pour éviter de le mettre en colère. J’étais ravie des miettes de tendresse et d’attention qu’il daignait m’accorder à l’occasion.
Quand il m’a frappé plus fort et que j’ai saigné, il a pleuré. Il s’est excusé et m’a apporté des fleurs. Je lui ai pardonné car il regrettait sincèrement. Il a juré que ça ne se reproduirait plus jamais.
Ça s’est reproduit. De plus en plus souvent. Les coups ont été de plus en plus forts. Il était la personne qui me connaissait le plus au monde et il me disait que j’étais moche, maladroite, idiote et bonne à rien. Il ne pouvait avoir tort sur toute la ligne. La place qu’il voulait bien me laisser était devenue tellement étroite que même mon ombre était de trop.